Construire en terre crue

Incorporer en quantité de la terre crue* ne suffit pas à définir une construction en terre crue. Cette dénomination s’acquiert à partir du moment où la terre crue est mise en œuvre dans le respect des guides des bonnes pratiques, en développant l’intensité sociale* et en permettant une réduction significative de ses impacts environnementaux par rapport aux procédés actuellement courants.

En 2019, une étude de sensibilité menée par le CSTB (19.069 action 48 terre crue) a permis en conclusion de confirmer plusieurs éléments identifiés par la filière terre crue.

A savoir que :
« – La distance de transport de la terre est un paramètre sensible. Il y a un lien direct entre la masse transportée, la distance et l’impact environnemental.
– Le statut de la terre mais également de la paille est un paramètre sensible.[…]
– Dans le cas où la terre est locale et considérée comme un déchet, les procédés de transformation tel que le compactage, broyage deviennent significatifs et doivent être considérés comme influents.
– La fin de vie du produit a une influence, là encore la distance de transport et le traitement en fin de vie sont à considérer.
– Le stockage du carbone dans les matériaux biosourcés a une influence sur les résultats, notamment en phase de fabrication A1-A3. […] »

Par conséquent, les matières constituant de la terre crue* employées dans une construction en terre crue sont très peu transportées ( 0 <10 km à <30 km du chantier); maintenues réversibles, soutenables, ne générant ni déchet, ni pollution, ni émission de gaz à effet de serre (par rapport aux procédés courants) quelque soit l’étape; préparées, mélangées, mises en œuvre sur le chemin entre le lieu d’extraction et le site du chantier par des moyens majoritairement humains.

* : terme défini dans le Glossaire de la construction en terre crue